Les orchidées rouges de Shangaï _ Juliette Morillot

Résumé Amazon :

En 1937, Sangmi a quatorze ans lorsque son destin bascule. Enlevée par des soldats japonais, elle est emmenée avec des dizaines d’autres Coréennes. Destination : la Mandchourie. Contrainte d’intégrer pendant presque dix ans l’unité des « femmes de réconfort » créée pour « soutenir » les soldats japonais, elle connaîtra l’enfer des maisons closes que l’armée nippone a installées dans une Asie embrasée par la soif de conquête de Hirohito. Une force de caractère hors du commun, l’espoir de retrouver la trace d’un père français inconnu et une impossible passion pour un officier japonais permettent à Sangmi de résister à son terrible sort. De Séoul à Shanghai, de Singapour à Hiroshima, le destin bouleversant d’une femme à travers la tourmente de l’expansion territoriale japonaise en Asie

Mon avis :

J’ai lu ce livre il y’a très très longtemps, mais il est toujours resté là quelque part dans mes souvenirs. Marquée à vie par Sangmi.
Est-ce ainsi que les hommes vivent, en temps de guerre et de folie ? Le livre de Juliette Morillot est à peine soutenable. Voici, dans toute son horreur, la vie de King Sangmi, petite coréenne née en 1923, au mauvais endroit, au mauvais moment.
Ce roman nous entraîne dans le sillage de l’impitoyable armée nippone, alors que la Corée vient tout juste d’être terrassée, et que la Chine se profile comme prochain objectif.
Sangmi n’a que quatorze ans, et sa vie est un enfer. Enrôlée de force par l’armée comme « fille de réconfort », elle est livrée, avec ses compagnes, à tous les caprices des soldats japonais ivres d’alcool et de pouvoir. Les jours, les nuits, ne sont plus que viols et tortures. Même chose à Shanghaï, puis à la maison de réconfort Wulien, où les filles, au milieu des rats, doivent « servir » plus de quarante soldats par jour. Vomissements, cigarettes écrasées sur le corps, os brisés…
Chaque page est un coup porté à notre insouciance occidentale. Chaque page de ce roman trop vrai puisqu’il est le fruit des souvenirs, récoltés par Juliette Morillot en 1995, auprès de l’une de ces oubliées de l’histoire que sont les « femmes de réconfort ».

De Séoul à Shanghaï, de Singapour à Hiroshima, Juliette Morillot ne nous épargne aucun détail diabolique de la vie de cette jeune femme. C’est cru, trop presque, à la limite du supportable. Mais en même temps, je n’ai pas pu reposer ce livre avant de l’avoir terminé tant j’étais captivée. Je n’ai jamais lu de témoignage aussi poignant.
Un livre terrible, anxiogène, qui vous marque au fer rouge. A lire absolument pour s’instruire. Bien que l’on doute parfois de la crédibilité du récit, un peu comme dans Shantaram (il lui arrive tellement de choses que ça peut paraître invraisembable), on se laisse imprégner de tous les sentiments, de tous les personnages, comme un buvard aspire tous les résidus d’encre.

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