Tu comprendras quand tu seras plus grande _ Virginie Grimaldi

Résumé :

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, à Biarritz, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait là où on ne l’attend pas ?
C’est l’histoire de chemins qui se croisent : les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et de ceux qui ont une vie à construire.
C’est une histoire d’amour(s), une histoire de résilience, une ode au bonheur.
« Un humour décapant, des personnages attachants et une profonde humanité.
En le refermant, on n’a qu’une envie : se délecter des petits bonheurs qu’offre la vie. »

Mon avis :

C’est un très bon roman feel-good que Virginie Grimaldi nous offre avec « Tu comprendras quand tu plus seras grande ».
Alors oui, c’est très certainement une vision utopiste des conditions de vie en EHPAD, mais à quoi sert un roman sinon à envisager le beau dans toute chose?
C’est drôle, c’est frais, plein de personnages hauts en couleur et d’une profondeur insoupçonnée qu’on a envie d’appeler papi et mamie. Ça donne la pêche, la banane, la patate. J’ai vraiment passé un moment hyper agréable.

Julia mène une vie heureuse et sans ombrages en région parisienne, elle a poste bien rémunéré, un homme qu’elle aime à ses côtés, une meilleure amie en or, et une famille soudée qu’elle rejoint régulièrement dans le Sud-Ouest. Lorsque son père décède d’une crise cardiaque, sa vie s’effondre. Quelques temps plus tard, elle perd sa Maminou et plus rien n’a de sens. Plus aucun élément de sa vie ne se raccordent. Exit l’homme parfait, exit le boulot de psy bien payé dans une clinique de chirurgie esthétique, il est temps de revenir aux sources. Alors pour se retrouver, Julie accepte en catastrophe un poste de psychologue dans une maison de retraite à quelques kilomètres seulement de sa maison familiale au Pays Basque. En secret, parce qu’elle a besoin d’être seule pour se reconstruire, elle va se cacher au milieu des personnages âgées.
Grâce à Louise, Gustave, Léon, Elizabeth, Pierre, Rosa et Miss Mamie, elle va apprendre qu’aimer, rire et profiter des instants précieux sont les meilleurs armes contre l’angoisse, la mort et le temps qui passe.

À la manière d’Anna Gavalda, Virginie Grimaldi sait faire vivre ses personnages dans l’esprit de ses lecteurs. Elle retranscrit à la perfection les dialogues, les doutes, les peurs, les instants de connivence. C’était comme regarder un film.
Sincèrement, je ne connaissais pas l’auteur et je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus superficiel. Une sorte de bon roman de plage. C’est probablement pour ça que j’ai mis autant de temps à le lire alors que ma belle-sœur me l’a offert en 2016, ça et mon envie de lecture disparue.
J’avais tort. Certes, le ton est léger, on rit, on sourit beaucoup, mais le mal-être de Julia est profond. Ses sentiments, son vide et ses peurs sont comme un dos que l’on râpe sur un mur en crépi. 
Comme je le disais, c’est un peu niais parfois, et les conditions de vie des résidents ne sont pas très réalistes, mais si je devais imaginer un lieu de vie idéal pour ma fin de vie, je crois que j’aimerais bien vieillir au Tamaris. D’ailleurs, j’ai envie de devenir psychologue et d’avoir Marine et Greg pour meilleurs amis. 🙂 

Alors bien sûr, étant donné que j’ai la conviction profonde d’avoir lu le meilleur livre de tous les temps la semaine dernière avec « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut, qualifier « Tu comprendras quand tu seras plus grande » de coup de cœur, c’est un peu comme lancer un « mouais pas mal » à un gars qui vient de passer 8 heures à cuisiner. Mais je vous jure, mon cœur a kiffé. Ce livre m’a fait un bien fou.

Mais la vérité, c’est qu’on reste des bébés tout au long de notre vie. On enfile différents costumes pour le cacher et faire comme les autres, celui de l’adolescent, celui de l’adulte, celui du parent, et puis un jour, quand on est trop vieux pour faire semblant, on retire le déguisement et on affiche ce que l’on a toujours été : un bébé. […] Tu verras, mon petit. Tout au long de ta vie, tapis au fond de toi, tu garderas les mêmes besoins. Être aimé, rassuré, ne pas être seul, avoir toujours à manger et à boire, te distraire, qu’on s’occupe de toi et avoir à tes côtés une personne qui t’aime plus qu’elle-même. Comme un bébé.

Gustave. P.72-73

Vous voulez que je vous confie que je ne comprenais pas comment on pouvait finir sa vie tout seul, que j’étais persuadé que ça ne m’arriverait pas à moi, que c’était impossible? J’étais tellement entouré… Vous voulez vraiment savoir tout cela, Julia? Eh bien moi, je n’ai pas envie de vous l’apprendre. Je préfère rire, je préfère vous faire rire. Parce que, voyez-vous, la vie est une histoire drôle. Sinon, qu’est-ce qui pourrait bien expliquer cette chute si absurde? Ce n’est pas pour rien si l’acronyme de « maison de retraite » est MDR…

Gustave. P.83

J’ai peur de perdre tous mes souvenirs. Je me fiche d’oublier ce que j’ai mangé une heure avant, mais j’ai peur d’oublier la joie intense que j’ai ressentie à la naissance de chacun de mes enfants, j’ai peur d’oublier combien j’ai aimé les câliner, les rassurer, les voir sourire… J’ai peur d’oublier les visages heureux de mes petits-enfants quand ils jouaient sous le cerisier de mon jardin, j’ai peur d’oublier la tendresse dans les yeux de mes parents. Je vais m’accrocher à ces souvenirs-là de toutes mes forces, en espérant que la maladie prendra d’abord les autres, puisque je n’ai d’autre choix que de les lui donner.

Miss Mamie 2004. P.104.

Si la vieillesse était douce à vivre, personne ne voudrait que ça s’arrête. Le fait qu’elle soit si rude rend l’existence moins attachante. La vieillesse a été inventée pour se détacher de la vie

Miss Mamie 2004. P.104.

Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir de joie

Khalil Gibran. P.433

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