Autobiographie d’une courgette _ Gilles Paris

Résumé :

« Elle ressemble à une poupée de chiffon toute molle et ses yeux sont grands ouverts. Je pense au films policiers où des tas de femmes se font tuer et après elles ressemblent à des tas de chiffons toutes molles et je me dis « c’est ça, j’ai tué maman ». »

Ainsi commence l’aventure d’Icare, alias Courgette, un petit garçon de neuf ans qui tue accidentellement sa mère alcoolique d’un coup de revolver. Paradoxalement, la vie s’ouvre à lui après cette tragédie, et peut-être même un peu grâce à elle. Placé dans un foyer, il pose avec une naïveté touchante son regard d’enfant sur un monde qu’il découvre et qui ne l’effraie pas. Et puis surtout, il tombe amoureux de Camille…

Mon avis :

La maman de Courgette boit de la bière toute la journée en regardant la télévision. Parfois elle crie et lui colle de sacrées raclées, alors il file au grenier où elle ne peut pas l’atteindre à cause de sa mauvaise jambe qui ne monte pas les escaliers. Son papa est parti faire le tour du monde avec « une poule », et depuis sa maman en veut beaucoup au ciel. Alors le jour où Courgette trouve un revolver dans la maison, il décide de le tuer ce fameux Ciel. Malheureusement, c’est sa maman qui meurt. Ce tragique accident va néanmoins permettre à Courgette d’avoir une vie meilleure, entourée d’éducateurs qui prennent soin de lui, de son gendarme (celui qui l’a trouvé dans le grenier après l’accident), mais aussi de se faire de nouveaux amis, et de trouver l’amour.

Cette lecture attendait patiemment dans ma bibliothèque depuis presque quinze ans.
Offert par ma meilleure amie qui l’avait, si mes souvenirs sont bons, vraiment beaucoup aimé. Il ne m’a jamais vraiment appelé depuis son étagère, comme si inconsciemment ce livre savait qu’il me décevrait.
En vérité, ce n’est pas une déception complète puisque je l’ai tout de même terminé. Mais d’entrée de jeu, le fait que cet enfant n’ait pas le moindre sentiment de culpabilité, ni conscience de la gravité de son acte, m’a vraiment fait buggé. Et de manière plus générale, son tempérament naïf et sa manière de s’exprimer, plus proche d’un enfant de 6 ans que d’un enfant de 9 ans, m’ont vraiment dérangée. En fait, rien n’était crédible dans ce livre, ni les sentiments du gamin, ni la vie décrite dans ce foyer. Le seul personnage qui m’a touché et qui m’a paru tout à fait sain et réaliste était Simon, ce petit garçon violent, en colère, hyper intelligent et très incisif.
Comme je suis beaucoup dans l’émotion et peu dans l’analyse, je suis très probablement passé à côté d’une double lecture qui donnerait du sens à ce débordement de naïveté, de superficialité et à cette utopique vision de la protection de l’enfance. Je l’espère en tous cas.

Les adultes, des fois, ça dit des trucs stupides à cause de la peur qui leur dévore le cœur.

Ils feraient mieux d’écouter le silence.

On finirait par croire que les enfants sont super débiles et qu’ils n’ont qu’une envie : se percer la gorge avec une sucette, ou se casser le cou à bicyclette, ou les jambes et les bras en descendant des escaliers, ou avaler de l’eau de Javel parce que ça change du Coca.

Et il faut les regarder, ces adultes, jouer aux grandes personnes et faire plus de bêtises que nous les enfants.

Courgette. P.116

Adorable ou pas, ça la regarde pas cette chipie et j’attends qu’elle s’éloigne pour rendre son baiser à Camille et sa bouche sent le chocolat. Ça me chauffe de partout, des tas de picotements remontent sur mes bras et mes jambes et je me dis que le soleil a dû profiter de ma bouche ouverte pour entrer dedans.

Courgette. P.121

C’est facile de dire que les Fontaines c’est une prison quand on cherche pas à scier les barreaux pour s’en échapper.

Et les grandes personnes c’est pareil.

C’est plein de points d’interrogation sans réponses parce que tout ça reste enfermé dans la tête sans jamais sortir par la bouche. Après, ça se lit sur les visages toutes ces questions jamais posées et c’est que du malheur ou de la tristesse.

Les rides, c’est rien qu’une boîte à questions pas posées qui s’est remplie avec le temps qui s’en va.

Courgette. P.224

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :