Sept ans plus tard _ Jean-Christophe Tixier

Résumé :

« Et si nous nous retrouvions le temps d’un week-end ? » La suggestion de Pauline m’a d’abord étonné. Revoir les copains de la classe de CM2, sept ans plus tard. Pourquoi pas… Puis la peur de rencontrer Anthony m’a paralysé. Son air supérieur, sa violence, ont resurgi. Je vais finalement à ce rendez-vous. Sept ans après, la peur va-t-elle changer de camp ?


Mon avis :

J’aurais dû, rien qu’au résumé, savoir que ce livre allait me décevoir.
Qui, mais qui, en France, organise des réunions d’anciens élèves de CM2, à l’âge de 17 ans? Si encore, les personnages avaient été plus âgés cela aurait pu être plausible et n’aurait pas gêné le sujet du roman, mais non. On se retrouve avec un groupe d’ados de 17 ans se retrouvant après 7 ans d’absence… Premier fait absurde : aucun d’entre eux ne semble être resté en contact depuis (j’ai eu beau grandir dans une grande ville, la plupart de mes camarades de primaire m’a suivi jusqu’au collège…).
Dès le début de ma lecture, j’ai donc été fortement perturbée par l’idée de départ du roman que je trouvais incohérente. Tout cela manquait de recul. Et puis d’ailleurs qui se souvient de son année de CM2? Il ne s’y passe jamais rien, on n’est alors pas assez matures pour connaître le vrai sens de l’amitié, tout notre univers tient dans une cour de récré, c’est inintéressant au possible. Bien évidemment dans le cas de notre principal protagoniste c’est différent. Décrit comme étant un ancien élève persécuté et racketté par une petite brute nommée Anthony, Pierre-Adrien se décide à participer à ce week-end retrouvailles dans l’espoir de… De quoi? Là encore, on se le demande. Se prouver qu’il n’a plus peur de son ancien bourreau? Se confronter à lui peut-être? Retrouver ses « supers méga copains de CM2 » dont aucun, à l’époque, ne prenait le risque de le défendre, voire même riait de bon cœur lors de ses humiliations? Si l’idée de départ était déjà absurde, le fait que Pierre-Adrien accepte de se rendre à cette réunion l’était encore plus.
L’alternance de point de vue au fil des chapitres avec Pauline, l’organisatrice, n’apportait malheureusement pas plus d’intérêt à l’histoire, Pauline étant une godiche enamourée soumise, sans aucun attrait.
Le suspense n’était pas au rendez-vous, même dans ce contexte de huis clos, et si j’ai beaucoup apprécié les questionnements contradictoires de Pierre-Adrien sur le bien et le mal, ce roman n’avait de noir que les pensées de son personnage principal.
Pour terminer sur une note positive, il faut reconnaître à l’auteur une aisance rédactionnelle qui facilite grandement la lecture et une réelle volonté de faire passer de bons messages aux jeunes lecteurs (plutôt un lectorat de 12-14 ans). Ici, l’idée du droit à l’erreur, et le fait que personne n’est jamais tout noir ou tout blanc, que chaque être humain est un monde d’émotions contradictoires, de souvenirs emmêlés, et de choix à effectuer.
Mes yeux d’adultes ont très probablement biaisé ma lecture, et avec un peu de recul j’imagine que ce roman lu à de jeunes collégiens pourrait être un bon point de départ pour évoquer le harcèlement, cela restera néanmoins pour ma part une déception.

Et si l’occasion vous était donnée de vous confronter à vos haines passées, que feriez-vous?

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