Sauvages _ Nathalie Bernard

Quatrième de couverture :

Jonas vient d’avoir 16 ans, ce qui signifie qu’il n’a plus que deux mois à tenir avant de retrouver sa liberté.
Deux mois, soixante jours, mille quatre cent quarante heures.
D’ici là, surtout, ne pas craquer. Continuer à être exactement ce qu’ils lui demandent d’être. Un simple numéro, obéissant, productif et discipliné.
En un mot, leur faire croire qu’ils sont parvenus à accomplir leur mission : tuer l’Indien dans l’enfant qu’il était en arrivant dans ce lieu de malheur, six années plus tôt.

À travers ce destin, Nathalie Bernard nous parle de ces pensionnats autochtones qui ont existé au Québec jusque dans les années 1990 et qui ont « accueilli » des milliers d’enfants brutalement arrachés à leur culture indienne. Entre roman historique et thriller, l’auteur nous entraîne dans une course effrénée au cœur des immenses forêts québécoises. Une chasse à l’homme qui ne possède que deux issues : la liberté ou la mort.


Mon avis :

Pour tout dire, j’ai choisi ce roman un peu au hasard sur l’une des étagères de ma bibliothèque, je n’avais pas lu la quatrième de couverture en entier, le faire m’aurait certainement évité de m’écrier, au beau milieu du roman, à l’évocation du rock’n’roll : « Mais bon sang, en quelle année ça se passe??? »

Je rembobine.
Nathalie Bernard réussit le pari dingue de nous embarquer au tréfond d’une forêt québécoise, dans un pensionnat pour autochtones glauquissime où l’on prive les enfants indiens de leur culture, de leur humanité (en leur donnant des numéros pour les nommer) et où si vous avez le malheur de mourir en hiver, on vous enterre dans la neige. Cette auteure nous transporte littéralement, nous intègre à son roman, nous fait trimer, peiner les pieds mouillés par la neige, le dos lacéré par les coups de fouets de missionnaires bienpensants, venus là éduquer les « sauvages », et le pire c’est qu’elle nous cueille et nous séduit comme ça! À travers ce personnage réservé qui attend son heure, soumis en apparence mais le cœur combattant, elle nous fait vivre son histoire et nous éduque au passage. Je dis CHAPEAU!
C’était un réel plaisir de suspendre son souffle pour Jonas, d’espérer à ses côtés, de l’admirer, et de découvrir cette tranche d’histoire méconnue. Personnellement, j’avais vaguement entendu parler de ces écoles dans la série « Ann with an e », j’imaginais donc plutôt des petits Albert Ingalls à la peau sombre, traîner tristement la patte au milieu de la neige, et voilà qu’en plein milieu du récit on se met à parler Rock’n’Roll. J’ai eu un choc! Mon Albert en couleur a instantanément passé le blouson noir des T-Birds et s’est fait une banane. Je me suis sentie stupide et inculte. Ai-je séché tant de cours d’histoire que ça? Ou parce que cela relève de la culture américaine et canadienne, on s’abstient juste d’en parler? Merci donc à cette brillante auteure de m’avoir ouvert les pages de cette période de l’Histoire, avec une histoire qui nous en apprend beaucoup sur l’humanité, le respect, la tolérance et l’appartenance à une culture.
C’était beau, écrit avec une délicatesse et une force sublime. Et alors cette chasse à l’homme finale, quel grand moment haletant!


Lorsqu’ils m’emportent loin d’elle, je ne pleure pas.
Mon cri est intérieur et je sens qu’il m’abîme de manière irréversible.
Je sens que mon enfance se termine pile à ce moment-là.

Jonas. P.40

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