Peau d’homme _ Hubert et Zanzim

Quatrième de couverture :

« Les femmes de notre famille, nous avons un secret, nous avons en notre possession une peau d’homme. Nous l’appelons Lorenzo. Une fois la peau revêtue, nul ne peut se douter que tu n’es pas un garçon. Ainsi tu pourras voyager incognito dans le monde des hommes. »


Mon avis :

Hubert et Zanzim, nous donne rendez-vous en pleine Renaissance italienne, à une époque où les femmes sont traitées comme des meubles et où le carcan misogyne de l’église entrave leur liberté.
Nous suivons Bianca, qui grâce à cet héritage particulier, cette peau d’homme nommée Lorenzo, s’affranchit de toutes ses limites de femme, et découvre un monde nouveau où toutes les frasques lui sont permises. Bianca sera alors un Lorenzo révolté, féministe, fougueux, un rebelle qui n’hésitera pas à défier l’église et son propre frère, pour défendre les libertés de chacun et les droits des femmes.
C’est un one shot intéressant. Après tout, quelle femme ne s’est pas demandé un jour ce qu’elle ferait si elle pouvait se glisser dans le corps d’un homme? Mais si j’ai apprécié le personnalité de Bianca qui passe de plutôt sage à carrément volcanique au fil des pages, je n’ai pas été séduite par le travail de Zanzim sur l’illustration de cet ouvrage, et j’aurai aimé que Bianca profite de cette peau d’homme pour suivre un chemin moins masculin.
Je m’explique. Bianca enfile sa peau d’homme et va de suite à la rencontre de ce futur époux dont elle ignore tout. Giovanni, qui préfère la compagnie des hommes, tombe alors fou amoureux de Lorenzo/Bianca. Cette dernière va alors tout faire pour tenter de trouver sa place dans ce trio improbable, et en ce sens se conforme un peu trop à son rôle d’épouse docile. J’ai trouvé cela dommage, même si cela confère au personnage de Bianca une grande ouverture d’esprit. Qui plus est, j’ai trouvé les dialogues beaucoup trop modernes par moment (« t’es un vrai pote, toi… » page 37), et je ne suis pas une grande fan des anachronismes, même lorsqu’ils injectent un brin d’humour au récit. Néanmoins la complexité des thèmes abordés, l’hypocrisie face à l’homosexualité de l’époque, le fanatisme religieux, les inégalités homme/femme (toujours d’actualité d’ailleurs) apportent beaucoup de relief et de profondeur à cet ouvrage.

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